2020/02/03 Roger HOLEINDRE - par Alexis Arette

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Message par Dharma le Mar 4 Fév - 6:38

A mon ami, Roger Holeindre, combattant volontaire, 5 citations, deux blessures, ancien député, écarté de la légion  d’honneur  ou il devrait être Commandeur, par la république des capitulards.

Roger

Nous étions tous deux « caporaux chefs d’empire » puis sous- officiers, sur le front de la Rivière Noire avant de nous retrouver, inchangés dans les prisons gaullistes. C’est là que nous avons vu nos camarades Piegs et Dovecar, transférés dans la cellule des condamnés à mort, trois jours avant leur procès.  Cette infamie explique que nous nous sommes retrouvés ensuite dans le seul parti qui ne se ventrouillerait pas devant la république parjure, et ne déposerait jamais les armes. Les failles du système allaient te permettre ensuite de devenir grand reporter, dans les pays du tiers monde, alors  qu’après avoir été proclamé « premier paysan de France » j’allais tenter à la tête de la fédération Française de l’Agriculture, de mobiliser les hommes de la terre, contre l’institution qui en avait prévu l’extermination. Nous nous retrouvions pour apporter la parole Française, dans les divers rassemblements où la conscience sociale s’exprimait, tenant les injures et les menaces de mort des stalinocoques, comme de nouvelles étoiles sur nos croix de guerre. Dans des secteurs différents, nos routes et nos combats furent constamment parallèles. Et pourtant, c’est d’une autre rencontre en dehors de nos combats, que je t’ai découvert une toute autre dimension…

         Tu venais d’être libéré, et faisant la tournée de tes amis, tu étais venu me surprendre dans la petite ferme où mes ancêtres avaient gravé sur la porte d’entrée, la date de leur fondation :1194 ! Je tentais difficilement d’y survivre, heureusement secondé par ma jeune épouse, aussi obstinée que moi-même. Tu t’étais enquis de ma situation, et je t’avais instruit de la sollicitude du chef de l’Etat qui, à notre égard venait de dire : « Les paysans, c’est comme les anciens combattants : Quand il n’y en aura plus, le problème sera résolu ! » Il était inutile de commenter. C’est alors qu’ayant pris la mesure de ce que j’étais en train de vivre tu me déclaras simplement : « Ecoute : Je viens de toucher ma prime de rapatriement : Si tu veux, elle est à toi ! »

       Certes, on à beau, Chrétiens,  savoir qu’il est une locution qui dit tout, en affirmant : « Ce que tu donnes, c’est la seule chose que tu emporteras ! »,  quant on en rencontre la décision, on sait que l’on n’est plus tout a fait dans la cité des misères humaines ! Et plus tard, ce serait un autre camarade de détention qui agirait de même  pour me permettre de continuer le combat contre la soviétisation  de l’Agriculture ! Certes, je n’ai jamais douté du caractère sacré de nos batailles, mais c’est toi Roger, qui le premier m’en avait donné une telle preuve !

       Sans doute est-il un autre souvenir, moins chrétien peut-être, mais que j’ai placé dans le cadre de notre combat pour la justice. Tu m’avais conté comment après que l’Immonde eut livré les harkis au génocide, tu avais organisé le maquis « Bonaparte » avec tes jeunes scouts, pour continuer la résistance Française. Ce fut le général Ducournau, fraichement étoilé pour les basses besognes  du parjure, qui vint t’arrêter, ayant troqué pour cela son képi, pour le béret rouge, dont il savait que tu ne ferais jamais tirer sur lui. Il faut savoir qu’en Indochine, dans le cadre du prestige militaire le colonel Ducournau était en concurrence avec le colonel Bigeard, à ceci près que Bigeard était adoré de ses hommes, et que Ducournau était détesté des siens. Autant Bigeard était pour les siens un frère d’armes, autant Ducournau était un « supérieur », impérieux, suffisant et pète sec, une sorte d’adjudant Flic, dépeint par Courteline, mais monté en grade ! Je l’avais pour ma part détesté d’autant plus que, Béarnais comme moi-même, il me paraissait représenter l’opportunisme qu’on nous prête, depuis qu’Henry de Navarre aurait dit « Paris vaut bien une Messe ! ». Face à ce dilemme de devoir faire tirer sur des soldats français pour respecter le serment de garder l’Algérie Française, tu préféras te rendre, et être condamné par la république parjure. J’aurais fait de même.

        Après tes prisons, ton métier de Grand reporter, tes très nombreux ouvrages sans concession, ton rôle politique, t’avaient donné une place respectable dans la société. De mon coté, je m’étais assez bien réinséré dans la société de ma province, à tel point que le Président de l’Académie de Béarn, Maître Raymond Ritter m’avait pressenti pour rejoindre ce corps d’élite. Cependant, j’appris que dans sa retraite, le Général Ducournau avait fait de même. J’écrivis donc à Maître Ritter pour retirer ma candidature, car  je ne pouvais risquer d’avoir à serrer la main du Général qui fut un des instruments du parjure. J’en faisais une question d’honneur. Cela fit que la candidature du Général fut écartée, et que je fus élu à l’unanimité.

      J’eus ainsi l’impression Roger de t’avoir quelque peu vengé, et que cette mesure était dans un tel ordre céleste, que quelque temps après, le général scalpé par une pale d’hélicoptère, perdit ses moyens intellectuels, et termina sa vie en essayant m’a-ton dit, de réapprendre à lire. Peut-être expiait-il, avant d’être pardonné. Ce que je souhaite.

      Voici Roger que tu me précèdes dans les commandos de l’au-delà, car j’imagine qu’il nous reste encore quelques assauts à mener, sous l’autorité de St Michel, afin de devenir ce que nous devons être. L’éternité ne peut être qu’une marche en avant, dont nous avons gouté les prémices, après l’épuisement des combats, quant nous avions pris touts les risques, et fait pleinement notre devoir. Ainsi je te sais la-haut, plus vivant que jamais, et je n’éprouve point cette grande peine des séparations, car je te sais être là ou nous devons être, après avoir versé notre sang pour la cause.  Et en moi toujours résonne, comme tu le fis tien, le chant de nos camarades Légionnaires sur la route de Zéralda, alors que tout semblait perdu :

« Non, rien de rien, non, je ne regrette rien ! »…

       Et je suis un peu curieux de savoir comment, étant descendus du ciel pour combattre, ce que l’on éprouve quand l’Esprit nous parachute en sens contraire, depuis la terre jusqu'aux bataillons du ciel.

      Alors bien sur Roger, mon  adieu est référent à Dieu, et il signifie : A bientôt !

                                                                                   Alexis Arette
                                                                             Momas, le 1 Février 2020.
         
Dharma
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